dimanche 7 août 2016

85- L'illusion végane

L’ILLUSION VÉGANE
OU COMMENT PEUT-ON ÊTRE VÉGAN ?

Vous êtes végan ou végane, car vous refusez la souffrance animale. Vous avez, par ce changement dans votre alimentation, fait un acte militant pour dire que vous n'êtes pas barbare, que vous respectez les animaux, qui sont des êtres  sentients (qui ont la capacité de souffrir). Vous allez nettement plus loin que les végétariens dans la mesure où vous refusez tous les aliments d’origine animale, les œufs, les produits laitiers, car vous vous opposez au principe de l’élevage.

Ce respect passe, pour vous, par un respect plus général de la Nature, qui vous fait habituellement refuser aussi l'agriculture conventionnelle, car elle lutte contre un grand nombre d'animaux, "ennemis" des cultures, qu'ils soient insectes, acariens, rongeurs, gastéropodes ou autres, grâce à l'emploi de pesticides, d'appâts ou de pièges.

Vous vous approvisionnez en général directement chez les producteurs quand vous en avez la possibilité, et dans les boutiques ou rayons "bio" sinon.

Photo: http://www.vomhof.ch/fileadmin/Vomhof/Headerbilder/Hofladen_buehler.jpg

Là, vous faites une première erreur, car les agriculteurs bio ont les mêmes problèmes, luttent aussi contre les mêmes animaux « ennemis » des cultures, qu’ils soient insectes, acariens, rongeurs, gastéropodes et autres, grâce à l'utilisation de pesticides, d'appâts ou de pièges. Beaucoup de consommateurs associent l'agriculture biologique avec la non-utilisation de pesticides. C'est absolument faux. Pourtant les enquêtes de perception de ce qu’est l’agriculture biologique sont rares. Une enquête récente montre que plus de la moitié des français ignore que l’agriculture biologique utilise des pesticides.

Le bio utilise des pesticides chaque fois que la gestion de la culture l’exige, mais d'origine naturelle, alors que les agriculteurs conventionnels, en plus des produits naturels, ont la possibilité des produits de synthèse. Donc il existe une vaste liste de pesticides autorisés en agriculture biologique, qui font les mêmes effets et ont souvent les mêmes défauts que les pesticides de synthèse. Sauf qu'ils sont d'origine naturelle.
Sont-ils meilleurs pour autant? Non, juste qu'ils sont d'origine naturelle et même pas toujours, d’ailleurs. On pourrait par exemple longuement discuter l’origine naturelle de produits comme la deltaméthrine, le spinosad, ou les phéromones, largement employés en agriculture biologique, mais dont la SYNTHÈSE est parfaitement industrielle et chimique.
Mais je m’éloigne du sujet.

Tout ça pour dire que vous achetez des aliments bio pour rester dans votre logique philosophique. De cette manière vous vous assurez que vous n'avez aucune incidence en relation avec l’exploitation animale et les mauvais traitements aux animaux.

Est-ce bien certain?

Je suis au regret de vous annoncer que vous vous trompez, sur ce point également. L'agriculture biologique utilise de nombreux sous-produits de l'élevage. Or quand on fait de l'élevage, les animaux vont être traits, tondus, exploités ou abattus, n’est-ce pas ?

Mais de quels sous-produits parlons-nous?
Et bien par exemple du fumier, engrais naturel animal bien connu, dont l'origine n'est pas douteuse et qui est la base même de la fertilisation en agriculture biologique. Evidemment, le fumier sera issu d’élevage biologique, mais c’est tout de même de l’élevage, avec tout ce que ça implique et que vous refusez catégoriquement.

Photo: http://www.science-et-magie.com/PLANTES/images/fumier.jpg

Mais les fumiers ne sont pas toujours équilibrés par rapport aux besoins des plantes. Alors on peut avoir besoin d'apporter des oligoéléments, ou des acides aminés, bref des compléments nutritionnels pour les plantes. Une forme efficace, économique, et finalement très fréquente pour apporter tout ça est le sang. Oui, le sang, un sous-produit des abattoirs. Du sang de bœuf en particulier, ou de volailles, ou de mouton, qui ne sont pas fréquemment utilisés dans l'alimentation humaine, au contraire du sang de porc.
Si l'agriculteur a besoin de renforcer la nutrition calcique de ses cultures, tout en apportant un complément de phosphore, il peut aussi utiliser de la farine d'os, autre sous-produit des abattoirs. La farine d'os peut aussi avoir un effet secondaire intéressant comme répulsif des rongeurs, qui aiment aussi les fruits et les légumes bio.
On peut aussi parler de biopesticides, aux propriétés fongicides et bactéricides, dont l'un, récemment découvert, et de plus en plus utilisé, est le chitosan, un polymère naturel extrait des coques de crustacés (crevettes, langoustes, homards, crabes, etc.), donc sous-produit de l'industrie de la pèche.

Quelle horreur ! Peut-être pensez-vous déjà à vous réfugier dans la biodynamie, qui elle, au moins, n'utilise pas de pesticides ni de fertilisants, même bio? C'est vrai, là-dessus vous avez raison. La biodynamie est une agriculture à part, qui cherche l’équilibre entre la culture et son environnement par des voies spécifiques. C'est plus difficile à trouver, car la production est très marginale, et plus difficile à mettre en œuvre pour l’agriculteur, en particulier sur les fruits et légumes, mais là au moins, on est sûr de ce qu'on va trouver.

Est-ce bien certain?

Deux des préparations essentielles de la biodynamie, sans lesquelles il n'y a pas d'agriculture biodynamique, puisque ce sont les éléments de base de la méthode, sont la bouse de corne (préparation 500), et la silice de corne (préparation 501).

Photo: http://unboutdebois.com/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/IMG_4267.jpg

Ces deux préparations, comme leur nom l'indique, utilisent des cornes de vaches, et en grandes quantités. Dans un cas, la corne est remplie de bouse fraiche (autre sous-produit de l'élevage), dans l'autre de silice, avant d'être placées en terre durant plusieurs mois, pour suivre leur processus de préparation, avant d’en extraire un principe actif qui sera pulvérisé sur les cultures.
Et où trouve-t-on des cornes en grandes quantités?
Dans les abattoirs, j'en ai bien peur...
La biodynamie utilise 6 autres préparations, destinées au compostage. La préparation 502 utilise la vessie de cerf, la 503 l’intestin grêle de bovin, la 505 les crânes d’animaux domestiqués, et la 506 le mésentère de vache. Bref, l’agriculture biodynamique a besoin de beaucoup d’animaux morts.
Et en plus, l’agriculture biodynamique privilégie la traction animale sur la traction mécanique, utilisant les bœufs, les mules ou les chevaux de trait.

Photo: http://vernoux.org/ecodyn/wp-content/uploads/2014/04/Pulve%E2%95%A0%C3%BC-traction-animale.jpg

Tous ces organes d’animaux morts, et les efforts physiques importants et les possibles souffrances que représente la traction d’outils agricoles, sont-ils compatibles avec le véganisme ?

Désespéré(e), vous décidez donc de produire vous-même vos fruits et vos légumes, et tous vos aliments, de manière totalement naturelle, dans votre jardin, sous votre entière responsabilité et avec l'aide de personne, pour être sûr(e) de l'origine de ce que vous allez manger.
Bien, d'abord, si vous êtes citadin(e), ce qui est le cas de beaucoup de végans, idéologie peu prisée à la campagne, vous allez devoir changer de vie. Un jardin, pour alimenter une famille toute l’année, ça ne se fait pas facilement dans un deux pièces en centre-ville.
Gommons cet inconvénient. Vous changez de vie et vous vous installez à la campagne.
Vous allez pouvoir préparer votre potager et votre verger ! Enfin !
Il vous faut donc arracher les mauvaises herbes, labourer, retourner le sol pour l'ameublir, le préparer pour faire place nette avant de semer ou de planter vos futurs aliments. Mais en labourant, vous allez faire de sérieux dégâts à la faune et à la micro faune du lieu. Mais, bon, disons que c'est un sacrifice nécessaire.
Les plantes vont devoir s'alimenter. Elles vont devoir prélever les éléments nutritifs dans le sol. Et d'où viennent-ils, ces éléments nutritifs du sol? De la décomposition de restes végétaux, mais aussi de la décomposition de restes animaux. La faune et micro faune du sol vivent et meurent, pour être ensuite décomposées et les éléments minéraux qu'elles contiennent sont mis à la disposition de la flore locale.
Gommons cet autre inconvénient, car c'est le cycle de la vie, et que les humains n'ont rien à y voir.

Quand vos cultures sont installées, vous les observez avec gourmandise. Quelles belles tomates, pommes, céréales, courgettes et autres! Quel plaisir!
C'est sûr, mais vous n'êtes pas les seuls à regarder cette merveille de la Nature avec gourmandise. Une quantité hallucinante d'animaux de tous genres et de toutes tailles va s'y intéresser, comme par exemple des escargots, des limaces, des rongeurs, des oiseaux, des sangliers, des cervidés, des pucerons, des acariens, des cochenilles, des nématodes, des coléoptères, des lépidoptères, des diptères, des hémiptères, des thysanoptères, et j'en oublie...

Photo: http://plandejardin-jardinbiologique.com/wa_images/lapin%20dans%20un%20potager.jpg

Vous allez donc vous heurter à un autre problème: soit vous augmentez (beaucoup) la taille de votre potager et de votre verger, afin qu'ils donnent suffisamment pour vous, votre famille et pour toute l'impressionnante faune du lieu,
soit vous allez devoir avoir recours aux pièges, aux appâts, aux répulsifs, et même, et même, et même… aux pesticides (bio bien sûr).
Bref, vous allez devoir agresser, repousser, ou même tuer de très nombreux animaux.

La vie est dure. C'est une lutte pour l'alimentation, une lutte pour la survie.
Et j'ai bien peur que le véganisme ne soit qu'une illusion, un mouvement intellectuel issu avant tout de l'ignorance du fonctionnement de la Nature.
Nous n'en sommes qu'un des composants. Le cycle naturel implique obligatoirement, pour tous les animaux et tous les végétaux, d'utiliser la vie et la mort des autres pour ses propres besoins, et de lutter, tous les jours, pied à pied, pour sa propre survie et pour la concurrence alimentaire.
L'être humain ne peut en aucun cas écarter l'exploitation, volontaire ou involontaire des animaux. C'est la loi de la Nature.
Bon, soyons positif, tout ceci ne veut pas dire qu'il faille accepter la maltraitance animale. Au contraire, je suis tout à fait favorable à l'imposition dans l'agriculture d'une charte de bonnes pratiques d'élevage et de bonne pratique d'abattage. Plusieurs scandales ont éclaté récemment et c'est inacceptable, mais je ne crois pas que le refus de consommer n’importe quel produit ou sous-produit animal soit une solution.

C'est une illusion. Chacun pourra en accepter l'évidence, ou pas. Mais il n’y a aucun doute.
Le végétarisme et le véganisme sont suivis, avec toute la bonne foi du monde, par des gens qui en ignorent les tenants et les aboutissants, et qui ne sont pas conscients (ou refusent de voir) qu'ils sont avant tout, une cible marketing.
Oui, vous êtes un marché juteux de gens prêts à payer au prix fort, des produits dont vous croyez qu'ils sont compatibles avec vos convictions.
Vous faites partie des niches de marché, au même titre que les céliaques et allergiques de tous poils, donnant ainsi des marges très lucratives à tous les produits sans gluten, sans lactose, sans sucre, sans phosphate, sans viande, ou végans.

Mais bon je suis sûr que vous êtes totalement cohérents avec vos convictions.
Vous n'avez donc chez vous,
Rien en cuir, ni sofa, ni siège de voiture, ni ceinture, ni vieux livres, ni portefeuille, ni gants,
Rien en corne, ni peigne, ni couteaux anciens,
Rien en poils, ni brosse, ni pinceaux, ni toque, ni matelas ou sièges en crin, ni cols,
Rien en ivoire, ni en faux ivoire fait en os,
Rien en autres dérivés animaux, comme les abat-jours en vessie, par exemple.
Vous n’utilisez non plus aucun produit de beauté qui contienne de la graisse animale.
Et bien entendu, vous n’avez non plus aucun vêtement en laine, mohair, mérinos, shetland, pashmina, alpaga, angora, ni chaussures, pantalons ou blousons en cuir, chemisiers ou foulards en soie, sans parler, bien entendu, des fourrures, mais ça va sans dire.
La cohérence doit aller jusqu'au bout. La moindre incartade est une fleur faite à l'exploitation et aux mauvais traitements infligés aux animaux.

Photo: https://potterfs.files.wordpress.com/2008/10/pasmina.jpg

C'est que c'est très difficile d'être vraiment végan. J'irai même jusqu'à dire que c'est presque impossible.
Comment peut-on être végan ?

Depuis que le monde est monde, l’être humain est omnivore et tue des animaux pour en utiliser presque tout, la viande, la peau, les os, ou les viscères pour ses besoins.

Allez, soyez raisonnables, un peu de viande, sans excès, bien choisie, produite par des agriculteurs consciencieux et respectueux, comme il y'en a heureusement beaucoup, issue d'animaux bien traités, abattus dans les meilleures conditions possibles, ne me parait pas être un crime contre l’animalité. 

7 commentaires:

  1. Sans compter les produits animaux utilisés pour l'élaboration des objets de haute technologie... la graisse des machines-outils qui produisent nos écrans, par exemple, et tous les produits animaux qui ont servi aux outils qui élaborent nos vêtements, nos lunettes, et j'en passe... pire encore : les médicaments extraits d'animaux, ou testés sur eux, les vaccins... et que dire des antibiotiques qui tuent les bactéries par définition ? Elles n'ont pas le droit de vivre ? Et la levure, encore consommée en masse par des végans qui se disent que "ce ne sont pas de vrais animaux sensibles" (alors que si, en fait : sensibles à leur environnement, ils se reproduisent, chassent, s'éloignent de ce qu'ils n'aiment pas... ils sont juste unicellulaires). Non, vraiment, le véganisme, c'est n'importe quoi.

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  2. Le ton de cet article est vraiment détestable: moralisateur et méprisant...
    Encore une fois, mettre tous les végétaliens/végétariens dans la case du citadin ignare est tellement arrogant et stupide!
    Beaucoup de vérités sont dites ici mais présentées comme des fatalités (comme l'utilisation de sous-produits animaux pour la production végétale), c'est ce qui me dérange.
    Pitiez, ne nous prenez pas pour des imbéciles quand vous dites que toute culture végétale tue une partie de la pédofaune au moment de la préparation de la terre... Le végan se bat contre l'exploitation des animaux d'ELEVAGE et donc contre la mort VOLONTAIRE des animaux!! De plus, le semis direct est aujourd'hui une pratique reconnue et favorise la vie biologique du sol et améliore sa structure et stabilité structurale... le labour et toutes ses conséquences ne sont donc pas une fatalité!

    Pour ma part, je suis végétarienne, habituée de la campagne et validant prochainement 5 années d'études supérieures en agronomie, je ne pense donc pas du correspondre aux personnes que vous ciblez dans ici. Mes choix alimentaires sont loin d'être exclusivement justifiés par la souffrance animale. Protéger l'environnement est pour moi une raison évidente pour laquelle un individu peut en arriver à de tels choix alimentaires.
    Je suis consciente qu'être végétalien n'est pas forcement viable à long terme, mais si je suis devenue végétarienne c'est en me disant que pour le moment, je me priverai complètement de viande pour équilibrer la surconsommation générale de viande.
    Donc, dans l'urgence environnementale actuelle, je soutien les végétaliens et végétariens.

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    1. Vous avez pu constater que je ne parle pas des végétariens mais des végans. C'est très différent, comme vous le savez parfaitement. Les végétariens sont des gens aux opinions parfaitement respectables, même si je ne suis pas d'accord.
      Les végans, c'est une autre histoire. Quoi que vous en pensiez, ce sont des extrémistes. Ils se caractérisent, en particulier par leur intolérance, et leur exigence, clairement exprimée, d'une société 100% végane. Il suffit de les voir devant les abattoirs.
      Une chose est, comme vous le dites, de vouloir équilibrer la surconsommation de viande, caractéristiques des sociétés modernes, et totalement injustifiée, ce que vous avez choisi de faire, autre chose est de s'attaquer au système, en exigeant la fermeture de tous les abattoirs. C'est incohérent et considéré comme ridicule par toute la société.
      Votre choix est, pour moi, beaucoup plus digne et cohérent que le choix du véganisme.
      Vous ètes un peu une espèce rare. Agronome, vivant à la campagne et végétarienne. Reconnaissez que c'est un choix intellectuel essentiellement citadin, et pas fréquent chez les gens de la terre.
      Mais je vous dis, dans mon esprit au moins, le véganisme n'a pas grand chose à voir avec le végétarisme. Ne serait-ce que parce que l'un s'intègre parfaitement dans la société, est militant mais discret, protestaire sans être révolutionnaire, l'autre est exactement le contraire.
      Le véganisme est une forme de dictature de la pensée. Tout ce que je déteste.

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    2. N'est-ce pas intolérant de juger les choix des autres ? Qui êtes-vous pour faire cela ? Parce que dire qu'il est ridicule de ne pas manger de produits animaux,et critiquer le veganisme sans même le comprendre c'est tolérant ? Où elle est la dictature de la pensée ? Pourquoi qualifier le veganisme dans son entièreté d'extremiste ? Les vegans ne vous imposent pas leur choix alors pourquoi leur imposer le votre ? Dictature vous disiez ?

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    3. Je suis un simple observateur, et en tant que tel, j'ai aussi le droit d'exprimer mon opinion. Ne pas manger de produits animaux est une incohérence physiologique, c'est aller contre notre propre nature. Point barre. Après, cahcun est libre de penser ce qu'il veut, mais personne ne pourra remettre en cause que physiologiquement parlant, l'être humain est una animal omnivore qui a besoin d'ingurgiter une certaine quantité de produiots animaux, donc de tuer pour cela. Dire le contraire est tout simplement faux, c'est juste scientifique, ça ne mérite même pas un commentaire. Le reste n'est que domaine de la croyance, de la religion. Je ne suis absolument pas d'accord avec vous quand vous dites que les végans n'imposent pas leurs choix. La dictature de pensée est de leur côté, pas du mien. La simple démarche d'aller bloquer les abattoirs ou d'aller simuler l'enterrement d'un poulet dans un supermarché, c'est du terrorisme intellectuel. De la même façon que d'avoir un végan chez soi est une torture car leur intolérance est totale et leur comportement obscène par rapport aux choix des autres, comme le "alors, tu vas encore te goinfrer d'un cadavre", sans aucun humour dans le ton. C'est la même démarche que la christianisation et l'inquisition des siècles passés. Le choix du véganisme tient du choix religieux, il devrait être personnel et ne devrait pas sortir du choix personnel. Il y a sans doute des végans discrets, mais on n'entend parler que des autres. Alors, vous voulez qu'une relation saine entre végans et non-végans s'installe dans la société? Vous avez raison. Mais je vous répond par ce qui a déjà fait ses preuves. Savez-vous quand ETA a progressivement cessé le terrorisme? Quand la société basque dans son ensemble, y compris et surtout les indépendantistes ont montré ouvertement leur refus frontal du terrorisme. Ce sont les végans eux-mêmes qui doivent résoudre les excès des végans extrëmistes. Quand les végans extrémistes cesseront leurs ridicules et dégradantes mascarades, alors ils seront acceptés par la société. Pour l'instant, ils ont librement choisi de s'en mettre en marge et d'essayer d'imposer leur vue au reste de la société. C'est ce qu'on appelle une tentative de coup d'état. Vous savez, ces mouvements violents qui imposent une situation différente à une société qui, en général, ne l'a pas demandé. Et qui débouchent sur..... les dictatures.

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  3. Un mot, d'emblée : permaculture. Au revoir tes a priori sur l'agriculture nécessitant des répulsifs, des pesticides, etc. Dommage, tu fais un procès aux vegans n'y connaissant rien en agriculture, mais tu ne sembles même pas avoir pris la peine de t'être renseigné sur les agricultures alternatives :/ Perte de crédibilité dès le départ.

    Petit point : tu fais le portrait d'un vegan type, c'est bien, mais c'est erroné, Il y a autant de types de vegans que d'humains pratiquant le véganisme, ton portrait-type en fera rire plus des 3/4 qui ne seront simplement pas concernés.
    Résumons ta démarche : en gros, tu dresses une illusion basée sur quelques cas, tu y crois très fort et tu conclues à la généralité. Une excellente figure rhétorique, mais c'est à peu près tout.

    Continuons donc. La moitié de ton article concerne l’agriculture bio. Or, je te cites : "Vous vous approvisionnez en général (c'est bien de le signaler, mais tu l'oublies par la suite) directement chez les producteurs quand vous en avez la possibilité, et dans les boutiques ou rayons "bio" sinon. " Déjà tout seul, tu mines ton propre argumentaire ^^ le bio est un "faute de mieux" dans le vegan-type que tu dépeins, un dernier recours. Pourquoi ne parles-tu pas d'avantage du choix que tu dis le plus courant plutôt que de parler, pendant la moitié de ton article, de la roue de secours "bio", représentant par ta propre définition qu'un pourcentage moindre de la consommation de ton vegan-type ? Bref, nouvelle perte de crédibilité.

    "La cohérence doit aller jusqu'au bout. La moindre incartade est une fleur faite à l'exploitation et aux mauvais traitements infligés aux animaux." D'où ? La société a ses normes, chacun fait ce qu'il peut avec et si la réalité s'oppose à ton porte-monnaie/tes choix éthiques, tu t'adaptes. Mais au moins, tu fais un effort que, disons, quasiment personne ne fait au quotidien, ce qui est 1000 fois plus impactant que ton article à 3 francs, par exemple. Ce que tu oublies du début à la fin dans ton article, pour mieux te conforter avec tes choix. Quel intérêt de ce portrait du "vegan absolu", sinon te faire mousser avec une illusion supplémentaire ?

    Enfin ce qui me dérange le plus au final dans ton article, c'est qu'il ne cherche pas à comprendre un mouvement, mais simplement à critiquer des aspects périphériques. Par conséquent, ta démarche critique est rendue abjecte, car tu te contente de peu pour déballer tout un tas de savoirs que tu ne maitrises pas. C'est dommage, pas constructif et désagréable.

    Enfin, pour le commentaire : "le veganisme, une dictature de la pensée". Oui, quelques vegans, qui parlent fort, qui font du bruit et qui sensibilisent d'une manière critiquable, en jouant sur le plan de la morale uniquement et faisant de tout un moyen pour servir son argumentaire. Quelques vegans. Il y a ici un amalgame entre vegan militant d'un certain type = tous les vegans, or combien j'ai pu rencontrer de végétaliens ne parlant de leur alimentation que lorsqu'on leur pose des questions, ne faisant jamais pas étalage de leur choix éthique ? Toi pas des masses a priori, sans doute parce que tu n'en as pas fait l'effort. De comprendre. Et ces quelques vegans militants intellectuels dont tu parles, même s'ils m’insupportent aussi parfois par leurs raccourcis de pensée, ils ont leur valeur et leur importance car sans eux, la maltraitance animale serait restée un non-dit parmi d'autres. Ca plaît pas ? C'est normal, ça dérange les habitudes et te concernant, tes bonnes idées bien faites et ta bonne conscience ; elle-même, par ailleurs, une dictature de pensée car normative, or pour qui ne la suit pas sans se poser de questions, la norme est lourde, très lourde.

    NB : Oups, j'ai vu qu'à la fin ta photo de profil : je croyais m'adresser à un lycéen ^^' Désolé du "tu" du coup, mais flemme de le changer partout.

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  4. Il y a un âge auquel on se vexe de se faire prendre pour un lycéen. J'ai passé cet âge là depuis longtemps. C'est même plutôt flatteur. Ça c'est mon âme de midinette qui refait surface.
    Il y avait longtemps qu'on ne m'avait pas corrigé une rédaction...
    Quant au tutoiement, aucun problème. je vis dans un pays où c'est normal dans les boutiques ou les administrations, de tutoyer systématiquement. Le vouvoiement est réservé aux rapports hiérarchiques.

    Revenons-en à nos moutons (sauvages, bien sûr, pas exploités par les humains).

    Un petit détail en passant. Je connais assez bien les problèmes agricoles en général. Je suis agriculteur après avoir été conseiller agricole. Donc j'ai quelques notions, d'où ce blog. En gros, le savoir que je diffuse dans ce blog, je le maitrise, contrairement à ce que tu penses. Pour ce que je ne maitrise pas, j'essaie de m'abstenir. Ceci dit, c'est mon blog à moi, tout seul, et je considère avoir le droit d'y écrire ce que bon me semble. Malgré ça, j'essaie d'y faire des articles documentés et argumentés.

    Permaculture, oui, pour les végans. Mais ça ne remet pas en cause le fond du problème. Agriculture alternative, bien sûr. Mais pour nourrir qui? quelques privilégiés qui sont, soit pes permaculteurs eux-mêmes, soit les quelques-uns qui peuvent se le permettre. J'ai la faiblesse de penser que toute la population a droit à une alimentation saine. Mais ce n'est pas le sujet de l'article.

    Les portraits de végans. Je veux bien le croire. Il y a sans doûte des végans "mûrs" qui ont dépassé le stade du militantisme. Mais tous ceux que je connais ont plus ou moins choisi de s'isoler de la société tellement ils ne supportent pas la simple vue de la viande, ou simplement de pouvoir partager un moment avec des gens qui ne partagent pas leurs idées sans que ce soit un pugila verbal et "t'as pas honte de manger du cadavre". Toujours sympa en société. Moi, en tout cas, je n'en connais que des militants voire talibans.
    Quant à l'adaptation, bien sûr. C'est ça ou crever de faim. Les végans ont aussi le droit de vivre en ville, et là, ils ont rarement le choix.

    Bref, je n'ai pas vraiment compris le sens de ton commentaire. Mais je te rassure, j'ai la tête suffisamment dure pour ne pas changer mon opinion sur le sujet.

    Par contre, je me réjouis d'apprendre qu'il existe des végans non militants, simplement convaincus de leurs idées.
    Ceux-là je ne les connais pas, mais s'ils existent, je les respecte au plus haut point, même si je ne partage pas leurs idées.

    Ce que je reproche le plus à qui que ce soit, et dans ce cas les végans (en tous cas les végans que je décris), c'est l'absolutisme, le dogmatisme. Or ces végans que je décris, tu as l'air de penser qu'ils sont minoritaires. J'ai pourtant l'impression qu'ils représentent l'immense majorité.
    Les tempérés, les calmes, les tolérants, sont a priori plutôt les végétariens.

    Mais je me trompe sans doute, si tu me l'affirmes.

    Une info tout de même. Je ne suis visiblement pas le seul à penser de cette manière. A ce jour, c'est, de très loin, mon article le plus lu.

    Merci cependant de ton long commentaire. J'apprécie la controverse. Ça ne me fait pas forcément changer d'avis, mais je hais la pensée unique.
    Bonsoir

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